"Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes, que d'essayer de paraître ce que nous ne sommes pas."
[François de La rochefoucauld]
Nombreuses sont les personnes qui se sentent emprisonnées dans leur vie. Pas libres de faire ce qu'elles veulent, les contraintes les emprisonnent et obligent à bien des concessions. Les raisons de cette immobilité sont multiples : par simple manque de courage, par peur de devoir tout effacer pour recommencer à zéro, pour éviter de faire souffrir ceux que l'on aime, etc.
Finalement, elles choisissent de ne pas être véritablement elles-mêmes et de s'obstiner à jouer le rôle que la société leur demande de jouer.
"Le souci de sa propre image, voilà l'incorrigible immaturité de l'homme."
[Milan Kundera]
Leur choix s'apparente alors au choix de la souffrance et du mal-être.
A peine nés, on n'arrête pas de nous qualifier, de nous coller des étiquettes, de dire qu'on est ci et qu'on est pas ça, qu'on a fait ci et qu'on a pas fait ça...Enfin, on n'arrête pas de nous mettre la pression pour qu'on soit bien dans la norme, bien dans le rang, bien sur les rails. On nous met tellement la pression que, trop souvent, on finit par se persuader qu'on n'y arrivera pas, qu'on ne sera jamais à la hauteur et capable de satisfaire toutes les exigences qu'on attend de nous. Et voilà comment on nous apprend à manquer de confiance et à douter de nous. Alors comme on ne croît pas être, on joue à être pour au moins paraître. Paraître quelqu'un ou quelque chose : grand, fort, costaud, beau, intelligent, supérieur, malin, riche... et j'en passe. Mais à force de faire semblant de vivre à grands renforts de paraître, on finit par gaspiller son existence. L'ennui, c'est qu'il est souvent trop tard pour revenir en arrière quand on en prend conscience. Si on en prend conscience, encore ! A nous forcer à être, on nous aura empêché de vivre.
"L'apparence n'est rien ; c'est au fond du coeur qu'est la plaie."
[Euripide]